En production porcine, l'élevage sans soja est plus compliqué. Pourtant, il est possible de diminuer la part de soja OGM en produisant une partie des protéines nécessaires. Différentes sources sont possibles avec des cultures ou même de l'herbe. Cohérence, à Saint-Brieuc, travaille pour des élevages autonomes et sans soja OGM.

 

Un soja plus difficile à remplacer dans certains cas

Pour les aliments « gestantes » et « finition », il semble possible de s’affranchir du soja, mais pour les aliments « croissance », « nourrice » et « 2ème âge », la substitution du soja par d’autres sources de protéines est plus complexe. Pour faire un aliment « croissance » sans soja, l’utilisation de tubermine (qui ne peut être bio) est indispensable.  

Des substituts protéiniques à doser

 On suggère l’utilisation de tourteau de colza pour remplacer le soja, mais on se demande jusqu’à quel taux d’incorporation il est possible d’aller sans nuire aux animaux.

L'incorporation d'avoine, de luzerne, de trèfle violet déshydraté et de son est limitée par la cellulose qu'ils contiennent et donc l'encombrement qu'ils induisent. L'avoine est aussi connue pour augmenter la nervosité des truies ; pour pallier à cela, on limite l'incorporation à 10-15%.

La féverole ne peut représenter plus de 15% de la ration, elle contient des tanins qui en limitent le taux d’incorporation. Les orties déshydratées, très riches en protéines, peuvent être intéressantes pour les éleveurs qui bénéficient de la proximité d’une usine. L’utilisation du lin pourrait aussi être envisagée mais les problèmes de désherbage et de verse qu’il pose ne permettent pas sa conduite en bio.   

La poudre de lait ou le lactosérum sont les meilleurs substituts au soja. Ce sont des sources de protéines équilibrées mais peu disponibles (valorisés par les laiteries). De plus, ils se conservent mal, leur distribution est parfois problématique et le lactosérum présente une grande variabilité quant à sa teneur en protéines.

Témoignages

cochon_05

Philippe, agriculteur dans le Nord Mayenne, souligne l’importance d’avoir suffisamment de prairies dans la rotation (1/3 SAU), notamment pour maîtriser le salissement des cultures, et les avantages qu’elles permettent dans la conduite de truies en plein air : les truies de Philippe font du pâturage tournant en petits paddocks (6 truies par hectare). Au printemps, 10 kg d’herbe consommés par truies permettent une économie d’environ 2 kg d’orge et de féverole.

Pour les éleveurs spécialisés qui n’ont pas d’animaux polygastriques sur leur exploitation, des échanges d’herbe contre des céréales sont possibles et ont été expérimentés entre des éleveurs de porcs et des éleveurs de bovins.

Pour aller plus loin : Lisez "Produire du porc autrement" (cahier technique du RAD)

Exemples de ration

Ration diminuant la part de soja :

  Truies
gestantes
      Nourrices     
Porcelets
2ème âge
Porcs
croissance
  Porcs
finition  
Pois 14 % 25 % 24 % 25 % 15 %
Féverole 21 % 7 % 5 % 5 % 15 %
Luzerne
déshydraté
  5 %     10 %
Soja   5 % 2 % 3 %  
Triticale 58 % 47 % 44 % 60 % 35 %
Orge   5 % 10 %   15 %
Avoine         5 %
Complément 7 % 6 % 15 % 7 % 5 %

En engraissement, diminuer voire se passer de soja est possible, car les besoins en protéines sont plus faibles.

Formulations d'aliments "croissance"

formul_croissance
              

Formulation d'aliments "finition"

formu_finition
Cliquez sur chaque tableau pour les agrandir

flech La démarche du réseau Cohérence en production porcine